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Pourquoi Steve Jobs divise autant

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«C’est un peu comme quand John Lennon est mort, ou JFK, ou peut-être Martin Luther King: c’est comme un grand trou qu’on ressent». Ce sont les mots de Steve Wozniak, le co-fondateur d’Apple, à la mort de son ami Steve Jobs. C’est aussi ce que le monde des nouvelles technologies et les fans d’Apple expriment depuis mercredi, date du décès. Mais Steve Jobs a longtemps suscité les divisions autour de sa personne.

Dans les années 70, Steve Jobs, qui travaille un temps pour Atari avant de fonder Apple avec Wozniak, en 1976, passe pour un arrogant effréné. Son premier joujou en 1979 le «PC Lisa», est un échec financier, et le premier Macintosh envisagé (par Jef Raskin) ne le séduit pas: il veut l’annuler. Son flair n’est pas encore celui du Steve Jobs des années 90/2000 et on lui prête déjà un tempérament intimidant avec les employés – dont beaucoup disent qu’il règne par la terreur.

Selon Andy Hertzfeld, salarié d’Apple des  premières heures, «beaucoup d’employés avaient peur de Steve Jobs, à cause de ses crises de colères, de sa propension à dire aux gens exactement ce qu’il pensait, et qui n’était que rarement positif»…

Le «dictateur»

Si ses employés ne rechignaient pas à le qualifier de visionnaire, et appréciaient sa créativité, sa volonté de prendre des risques, ce n’était pas toujours une partie de plaisir que de travailler pour lui. Le blogueur Robert Scoble expliquait ainsi en août dernier que Steve Jobs était un «dictateur». «Si vous présentez une idée à Steve Jobs, vous avez intérêt à y mettre les formes, et à prévoir pas seulement le projet, mais tout le marketing prévu pour le vendre. Vous avez intérêt à avoir tout prévu».

Un article publié dans le magazine Fortune l’été dernier allait dans le même sens. Il raconte notamment le lancement raté de Mobile Me, l’un des échecs de Steve Jobs. Et la façon dont Jobs avait réuni ses employés après le lancement. Selon l’un des participants à la réunion, pendant une demi-heure, Jobs a réprimandé le groupe pour leur mauvais travail. «Vous avez sali la réputation d’Apple, a-t-il lancé. Vous devriez vous détester les uns les autres car vous vous êtes mutuellement laissé tomber». Apple est à la fois une réplique de la chocolaterie de Willy Wonka, et un lieu «brutal et impitoyable» selon le journaliste de Fortune.

«Inhumain»

Les conditions même de travail ne sont pas toujours idéales. David Cairns, ancien employé d’Apple, a ainsi raconté en août dernier, la façon dont il travaillait quand il était dans la compagnie. S’il explique que tout n’était pas négatif et qu’il aimait plutôt son travail, il précise néanmoins qu’«une partie du temps passé chez Apple l’a été dans un bureau qui ne recevait pas un rayon de soleil du dehors», sans «aucune vue de l’extérieur».

Evidemment, ces conditions sont sans commune mesure avec celles que l’on a reprochées à Steve Jobs de faire subir dans les entreprises de ses fournisseurs en Chine. En mai 2010, en Chine, on apprenait ainsi le suicide de travailleurs chinois chargés d’assembler des pièces d’appareils technologiques variés incluant des pièces d’Apple. Un an plus tard, deux ONG enquêtaient sur des usines et révélaient que les travailleurs chinois chargés des Iphone et iPads étaient traités «de façon inhumaine», comme «des machines». Des heures indécentes, des règles draconiennes au sein de l’entreprise…

Opacité

La «dictature» Steve Jobs passait par cette opacité au sein de l’entreprise, mais les produits qu’il fabriquait la véhiculaient aussi. Ryan Tate, de Gawker, un jour énervé par une publicité Apple parlant de révolution, avait envoyé un mail à Jobs. «Si Dylan avait 20 ans aujourd’hui, comment considérerait-il votre entreprise? Penserait-il que l’iPad a quelque chose à voir avec une révolution? Les révolutions se préoccupent de liberté.»

Car l’un des reproches faits à Steve Jobs était la façon dont il verrouillait tous ses appareils afin d’enfermer les utilisateurs dans un système exclusivement Apple. Lui voyait la liberté à l’envers. A Ryan Tate, il avait répondu: «Ouep, être libéré des logiciels qui vous volent vos données privées. Etre libéré des programmes qui vident votre batterie. Etre libéré de la pornographie [sic]. Ouais, la liberté». C’était le paradoxe du visionnaire réactionnaire

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Cette entrée a été publiée le 13 septembre 2017 par dans Styles de direction, et est taguée , , .