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La Poste, confrontée à de lourds défis, présente sa stratégie à horizon 2020

La Poste présente mardi son nouveau plan stratégique à horizon 2020, avec des objectifs ambitieux pour compenser la chute irréversible des volumes du courrier qui plombe son développement, et l’oblige à profondément se réinventer.

«Nous n’allons pas présenter la solution à toutes les équations complexes de la stratégie postale, ce ne sera pas Athéna sortant armée de la cuisse de Zeus, le ciel ne va pas s’ouvrir!», avait lancé le président de La Poste, Philippe Wahl, le 7 janvier en présentant ses vœux aux postiers.

«Le 28 janvier, nous allons présenter une vision, une méthode et un calendrier. Il ne faut pas attendre tout et toutes les réponses ce jour-là. Transformer l’entreprise, ce sera l’affaire de notre plan stratégique qui nous conduira jusqu’en 2020», avait-il résumé.

Le groupe devra cependant prendre à bras-le-corps nombre de difficultés dès 2014, année pour laquelle il a déjà prévu une chute de 22% de son résultat d’exploitation, tandis que son bénéfice net devrait passer de quelque 605 millions d’euros en 2013, à 500 millions.

En cause, la chute inexorable des volumes des courriers échangés, due au développement des mails et du numérique, un déclin enclenché il y a plusieurs années mais devenu trop important pour être compensé par d’autres activités en bonne santé, comme la banque postale ou encore le colis.

Si en 2007 La Poste avait distribué pas moins de 18 milliards d’«objets» (lettres et petits colis), en 2020 ce chiffre devrait s’effondrer de moitié, avec un volume anticipé de 9 milliards.

Conséquence grave de cette spirale: en 2014, pour la toute première fois de son histoire, l’activité Courrier n’arrivera plus à couvrir les coûts du service universel postal – soit les prestations minimum prévues par l’Union européenne, comme la levée du courrier et la distribution à domicile au moins une fois par jour ouvrable – des obligations qu’il faudra donc financer autrement.

«Les missions de service public pèsent de façon croissante sur les résultats du groupe. Les filiales (colis, banque postale) se développent mais ne compensent pas actuellement la dégradation, en résultat d’exploitation et en cash, de la maison-mère», écrit le groupe dans son plan stratégique, «La Poste 2020», que l’AFP s’est procuré et qui sera présenté mardi en conseil d’administration.

«Dégradation durable»

Devant cette «dégradation marquée du résultat d’exploitation» et, pire, la «perspective d’une dégradation durable», La Poste veut donner «priorité au développement».

Outre un classique «effort global de maîtrise des coûts», le groupe mise en premier lieu sur la Banque postale pour se maintenir à flot: il ambitionne ainsi que ses activités bancaires contribuent, dès 2018, à hauteur de 63% de son résultat d’exploitation, contre 46% actuellement.

Pour ce faire, il compte par exemple développer ses services bancaires aux professionnels – en créant 1.000 conseillers dédiés à cette clientèle d’ici 2020 – ou aussi amplifier ses services en ligne pour attirer une clientèle plus aisée.

Au final, à horizon 2020, La Poste se fixe l’objectif ambitieux de «dégager plus d’1 milliard d’euros de résultat net», contre 574 millions d’euros pour l’exercice 2012.

Le groupe compte également se renforcer sur le Colis, une activité portée par l’explosion du e-commerce, développer les services à domicile en tirant parti de son vaste maillage territorial, muscler le chiffre d’affaires tiré des activités numériques, ou encore attirer le plus possible de clients en téléphonie mobile.

Sur le territoire, La Poste, tout en maintenant ses 17.000 points de contact, veut encourager la «mutualisation», soit «accélérer la transformation des bureaux à faible activité vers des points en partenariat», dans les zones rurales, comme les stations-service, les pharmacies, ou les Maisons de service public, selon le document.

La Poste envisage également de jouer sur sa politique tarifaire, en pratiquant une hausse des prix «supérieure de 1% à l’inflation pour 2013-2015, et supérieure de 3% à l’inflation pour 2016-2018».

Enfin, dans ses documents préparatoires au conseil d’administration, le groupe détaille peu ses objectifs sur le plan social, évoquant seulement un «Pacte social», qui se veut «mieux adapté aux besoins des activités et aux missions de Service public du groupe» et qui permette de «construire un avenir pour chaque postier».

AFP

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Cette entrée a été publiée le 29 janvier 2014 par dans Entreprises publiques, et est taguée , , .