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Louvre : Lens attend «l’effet Bilbao»

Lens, pour le Louvre, réaménage son centre-ville

Vidéo 2 minutes

http://www.lefigaro.fr/ le 30/11/2012 

Louvre : Lens attend «l’effet Bilbao»

Grâce au musée Guggenheim à Bilbao, ville espagnole meurtrie par la fin de la sidérurgie, des milliers d’emplois ont été créés et la région a relevé la tête. De quoi donner des idées à Lens et sa région, marquées par le chômage où 64 projets économiques et urbains devraient voir le jour.

Grand projet architectural, marqueur d’une décentralisation réussie, le Louvre-Lens est aussi un pari économique pour une région marquée par le chômage. Le budget d’investissement a été lourd: environ 150 millions d’euros prévus au départ et transformés, au fil des retards de chantier, en 200 millions. L’Europe et l’État en prennent 24 % à leur charge, le reste se répartissant entre la région (59 %), le département (6 %), l’agglomération et la ville (6 %) et le mécénat. Mais le ­Nord-Pas-de-Calais estime qu’environ 530.000  personnes (700.000 en 2013) pourraient venir chaque année, dont des Anglais, des Néerlandais ou des Belges. De quoi transformer au minimum l’offre hôtelière, et mettre toute l’agglomération sous la bannière du tourisme culturel.

«C’est le plus grand musée du monde dans une des villes les plus pauvres de France, résume le maire PS, Guy ­Delcourt. Lens mourait, elle peut revivre.» «Cette implantation, au cœur d’une ancienne cité ouvrière, est un miracle», poursuit Daniel Percheron, président du conseil régional. Symboliquement, le nouvel établissement a d’ailleurs été bâti sur une friche industrielle de 20 hectares, sur laquelle s’étendait le carreau de la fosse 9 des mines de Lens.

Querelles de famille

Ce que tout le monde vise, plus ou moins inconsciemment, c’est de réitérer «l’effet Bilbao» sur le territoire. L’implantation d’une annexe du Guggenheim dans cette ville espagnole meurtrie par la fin de la sidérurgie a, en effet, été un succès. Des milliers d’emplois ont été créés et la région a relevé la tête. Plus près de Lens, les exemples du Centre Pompidou Metz (500.000 touristes par an, un million la première année) ou de Lille 2004 Capitale européenne de la culture (un million de visiteurs) servent d’aiguillons.

Dès l’annonce, en 2004, de l’implantation du Louvre, la région a essayé de se mettre en ordre de marche. «Mais nous avons pris du retard car les gens, au départ, n’y croyaient pas, se souvient le maire. Certains disaient même que le projet n’était pas pour eux.» Ce dernier n’est pas un proche de Daniel Percheron, ce qui n’a pas facilité les choses. Et depuis Lille, la maire Martine Aubry a commencé par regarder ce futur projet comme un concurrent potentiel. Même au sein de la famille socialiste, les querelles familiales existent. En 2009, alors que le temps court, l’association Euralens est créée, englobant les villes, la communauté d’agglomération, la région, le département, les CCI, l’université et le bassin minier, embarqué dans une candidature au patrimoine mondial de l’Unesco. «Nous n’avions pas une culture de projet dans le Nord. Mais tout le monde a senti que cet important investissement devait servir à transformer la région», se rappelle Bernard Masset, son délégué général. Le premier chantier consiste à demander à l’architecte Christian de Portzamparc et au paysagiste Michel Desvigne de revoir les abords du Louvre. Le musée n’est pas dans la ville, et il faut traverser l’ancienne cité minière pour y accéder. Une mission tourisme Louvre-Lens se propose quant à elle de «jouer la carte de la région des musées» (elle en compte plus de cent!), et du tourisme industriel, notamment avec le Centre historique minier de Lewarde. «En 2014, les commémorations autour de la Première Guerre mondiale attireront autant que le Louvre», estime Bernard Masset.

Les commerçants en ordre de marche

Les commerçants, de leur côté, ont été mis en ordre de marche grâce à l’antenne CCI-Louvre Lens. «Nous avons fait des dizaines de réunions pour expliquer l’accueil touristique, en français ou en anglais, raconte Sylvain Kleczewski, directeur de l’antenne. Nous avons même abordé les habitudes alimentaires des Hollandais ou des Anglais.»

Pour l’instant, la ville manque de grands restaurants et d’hôtels. «Dans la région, il y a cinq Relais & Châteaux», plaide le maire, qui se sent sous le feu des critiques.

L’année prochaine, un hôtel 4-étoiles et un 3-étoiles devraient ouvrir, l’un près du Louvre, l’autre sur la place de la gare. Et des maisons de l’ancienne cité minière devraient être transformées en gîte.

À plus long terme, l’amélioration du nombre de liaisons en train entre Lille et Lens est en négociation et des entreprises, dont certaines dans les métiers d’art et du patrimoine, ont fait savoir qu’elles s’installeraient ou pourraient le faire. S’ajoutera, si la décision est prise par l’UEFA, la rénovation du stade Bollaert, en prévision de l’euro 2016.

«Nous estimons que 64 projets économiques et urbains verront le jour grâce au Louvre, calcule Bernard Masset. Mais tout se fera dans le temps, comme cela a été le cas à Bilbao. Les investisseurs ont besoin de se sentir portés par le succès.» Rome ne s’est pas faite en un jour.

La parabole des tuileries

Le Louvre Lens a-t-il tenu ses promesses ?

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