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Les syndicats du groupe Fagor reçus à Bercy ce lundi

Ils viennent demander l’aide du gouvernement alors que le fabricant d’électroménager frôle le dépôt de bilan.

Le fardeau social du gouvernement vient de s’alourdir d’un nouveau gros dossier : la déconfiture du groupe espagnol Fagor, menacé de dépôt de bilan et qui emploie 1.870 personnes en France. Les syndicats de la filiale française, FagorBrandt, seront reçus à Bercy lundi 4 novembre pour exprimer leurs inquiétudes et demander l’aide du gouvernement, avant un comité central d’entreprise extraordinaire mercredi.

La nouvelle est tombée comme une bombe mercredi dernier : la puissante coopérative Mondragon, installée depuis près de 60 ans au coeur du Pays basque, dans le nord de l’Espagne, où elle emploie 35.000 personnes sur plus de 80.000 dans le monde, renonçait à renflouer le fabricant d’électroménager Fagor, son entreprise-phare asphyxiée par une dette de 800 millions d’euros.

Dans la foulée, Fagor a annoncé jeudi que sa filiale polonaise Fagor Mastercook, qui emploie 1.400 personnes à Wroclaw, déposait le bilan, premier pas probable vers le dépôt de bilan du groupe, qui compte 5.700 salariés à travers le monde.

« Si rien ne change, si la coopérative ne revient pas sur sa décision, Fagor devrait se déclarer en dépôt de bilan à court terme, peut-être dans une ou deux semaines », déclarait jeudi une source au sein de l’entreprise.

Chiffre d’affaires en baisse de 19%

En clair, le groupe, cinquième fabricant européen d’électroménager entré le 16 octobre en « pré-dépôt de bilan », se prépare à jeter l’éponge, sans attendre les quatre mois que lui accorde la loi espagnole pour trouver des financements.

Des milliers de personnes ont manifesté jeudi dernier pour défendre l’entreprise, derrière une grande banderole blanche portant les mots « Pour l’avenir », dans les rues de la petite ville de Mondragon, siège du groupe dans l’arrière-pays basque.

Dès la veille, Fagor avait averti qu’il pourrait cesser son activité de manière « imminente », avec des conséquences dramatiques pour tout un bassin d’emploi : 4.000 emplois directs ou indirects menacés au Pays basque et de possibles répercussions en chaîne sur « les entreprises et coopératives environnantes, dont la survie pourrait être remise en cause ».

Le groupe, confronté à une chute de ses ventes, avec un chiffre d’affaires en baisse de 19%, à 491 millions d’euros, au premier semestre 2013, estimait qu’une aide de 170 millions d’euros serait suffisante pour éviter la débâcle. Mondragon a jugé que « les ressources demandées ne suffiraient pas à garantir sa viabilité ».

nquiétude

Le gouvernement basque a fait connaître la semaine dernière son intention « de soutenir toute solution alternative qui contribuerait à minimiser l’impact social et économique de cette situation ». Mais « Mondragon est l’acteur principal » du dossier, relevait-on chez Fagor, soulignant que « seul un appui, et non un financement, était attendu du gouvernement basque ».

Le coup est dur pour cette région qui fait figure d’exception dans un paysage économique dévasté, avec un chômage à 15,84%, le taux de plus faible de toutes les régions espagnoles, contre une moyenne nationale à 25,98%.

Fagor emploie directement 2.000 salariés au Pays basque et compte 13 usines dans cinq pays : Espagne, France, Pologne, Maroc et Chine.

La nouvelle a aussi provoqué l’inquiétude en France, où les deux usines de La Roche-sur-Yon et Aizenay, dans l’ouest, emploient des centaines de personnes.

Un modèle coopératif qui vacille

En Pologne, les salariés de Wroclaw espéraient toujours une issue. « Nous gardons l’espoir d’une solution positive à cette situation qui semble pourtant très difficile », déclarait Tadeusz Wojtczak, chef du syndicat OPZZ dans l’usine.

Mais au-delà des difficultés de Fagor, c’est tout le modèle de Mondragon qui vacille.

Née dans les années 1950 de l’imagination d’un prêtre visionnaire, qui voulait donner du travail aux ouvriers de cette localité basque, la coopérative est devenue un conglomérat implanté dans une vingtaine de pays, dans des activités aussi diverses que l’électroménager, les équipements pour voitures, les machines industrielles ou le matériel sportif.

La plus grande partie de l’activité reste en Espagne, grâce notamment à une gestion sur le modèle coopératif : la majorité des salariés sont associés dans différentes sociétés, élisent leurs dirigeants en assemblée générale et décident des principales orientations, en matière de salaires par exemple, permettant en théorie des réponses flexibles face à la crise.

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