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« Tsunami social » chez Alcatel-Lucent  » Le Monde.fr avec AFP et Reuters

Le  08.10.2013 à 10h43 •

Une manifestation de salariés d'Alcatel contre les licenciements à Rennes, le 10 novembre 2009. Le groupe a déjà subi les cinq plans sociaux depuis 2007.

Juste après la confirmation par le PDG d’Alcatel-Lucent de la suppression de 10 000 postes dans le monde, dont 900 en France, et le redéploiement de 900 autres, les syndicats de l’équipementier en télécommunications ont dénoncé le volet français du plan social.

« La France et l’Europe paient encore un lourd tribut. Sur les 10 000 suppressions de postes, il y en a 4 100 en Europe, dont 900 en France, soit 10 % des effectifs, avec en plus des fermetures de sites. C’est violent ! », a déploré Stéphane Dubled, délégué central CGT du groupe. La CFDT ajoute, rappelant les cinq plans précédents depuis 2007 :

« C’est une réelle hécatombe. Les salariés prennent de nouveau un coup sur la tête, déjà fragilisés par les cinq plans précédents depuis 2007. La CFDT est consciente de la gravité de la situation financière du groupe et la déplore. Mais ce sont encore les salariés qui paient le prix fort. Selon leur activité, les salariés concernés se verraient proposer une mutation vers Villarceaux (91) ou Lannion (22), une mobilité interne ou externe via le PSE [plan de sauvegarde de l’emploi] ou une cession à un repreneur ».

La CFDT interpelle le gouvernement sur la fonte des effectifs de l’équipementier en France. La France, qui avait déjà perdu près de 1 300 postes dans le cadre du précédent plan de restructuration lancé en 2012, ne devrait plus compter que 5 900 salariés d’Alcatel sur un effectif mondial de 58 000 personnes à l’horizon 2015, soit 10 %, contre environ 14 % en 2008.

La CFE-CGC s’insurge, elle, contre un « véritable tsunami social », même si elle dit pouvoir « comprendre la logique économique du groupe visant à se recentrer » et « en appelle au gouvernement pour infléchir » les décisions du groupe.

Pour la France, le syndicat des cadres refuse notamment toute fermeture de site et exige la reconversion de tous les salariés dont les postes seront supprimés.

« STUPÉFACTION »

Interrogé par Le Monde, le PDG d’Alcatel-Lucent, Michel Combes, a détaillé les sites qui seront touchés :

« Alcatel-Lucent possède treize sites en France. Nous allons concentrer les activités tournées vers les opérateurs de télécoms sur deux vaisseaux amiraux : Villarceaux, au sud de Paris (…) Et Lannion, dans les Côtes-d’Armor, un des sites historiques du groupe. Nous serons malheureusement amenés à fermer deux sites : l’un à Toulouse (Haute-Garonne) et l’autre à Rennes (Ille-et-Vilaine). Compte tenu des choix faits par le passé, ils n’ont plus la taille critique.

La perspective de la fermeture du site de Rennes, qui emploie 110 salariés, a été accueillie avec « stupéfaction » par les salariés, selon le délégué du personnel CFDT, Pierre Ketels, qui a déjà vécu en 2007 la fermeture du site de Cesson-Sévigné.

« On a des plans sociaux à répétition depuis dix ans et on a l’impression de ne jamais pouvoir travailler sans avoir ce poids. Ce plan va être pire, avec des licenciements coercitifs. La France paie encore un très lourd tribut. »

La ministre déléguée au commerce extérieur, Nicole Bricq, a estimé que si la restructuration de l’entreprise franco-américaine était « nécessaire », il « ne faut pas qu’il y ait de dégâts sociaux ». Mais une source gouvernementale, citée par l’Agence France-presse, reconnaît que « la situation est grave ».

« Ce n’est pas un choc imprévu de type PSA, cela fait plusieurs années que les choses n’allaient pas bien et n’avaient pas nécessairement été traitées comme il le fallait, mais là il y a un côté remède de cheval qui est extrêmement douloureux. »

 

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