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Abattoirs Gad: l’activité se poursuit avec 889 emplois supprimés

Libération

AFP 11 octobre 2013 à 18:01

Des salariés devant l'entrée de l'abattoir le 9 octobre 2013 à Lampaul-Guimilau

Le tribunal de commerce de Rennes a validé vendredi le plan de continuation présenté par la direction de la société bretonne d’abattage et de découpe de porcs Gad SAS, entérinant la suppression de 889 emplois sur environ 1.700.

Le tribunal pouvait soit valider le plan de continuation, le seul à avoir été présenté aux juges, soit prononcer la liquidation judiciaire.

C’est la première option qui a été choisie vendredi avec la suppression de 889 postes, principalement à l’abattoir de Lampaul-Guimiliau (Finistère), pour lequel aucune solution n’était proposée.

Même si ça fait des mois qu’on s’y prépare, c’est quand même dur à encaisser», a réagi Olivier Le Bras, représentant FO du personnel, alors qu’environ 500 salariés et des élus ont formé vendredi soir une chaîne humaine sur le site, observant une minute de silence et brandissant des petites croix blanches.

«C’est vraiment inégal et injuste ce qui nous arrive», a ajouté le représentant syndical avec des sanglots dans la voix.

«Ils sont en train de détruire des familles entières, depuis 17 ans chez Gad. Il y a tout un département qui se meurt. Notre avenir est très sombre et pour certains ça va être le noir complet», a déploré Joëlle Crenn.

«On est que des pions pour eux», a dit Pascale Bouillonnec, mère de trois adolescents et depuis 21 ans au service commercial. «On n’a plus d’avenir. Comment voulez-vous que dans une région sinistrée on arrive à reclasser 850 personnes? Je vais devoir former la personne qui va prendre mon poste à Josselin et si je fais bien mon travail, j’aurai le droit d’être virée! C’est inhumain!», a-t-elle déploré.

La direction de Gad SAS, une entité du groupe coopératif morbihannais Cecab, avait présenté son plan mercredi. Outre la fermeture de l’abattoir de Lampaul, celui-ci prévoit également celle des sites de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique, environ 60 salariés) et le siège du groupe (50 salariés) près de Morlaix (Finistère).

L’activité d’abattage et de découpe sera recentrée sur le second abattoir du groupe, à Josselin (Morbihan), où 343 emplois pourraient être créés en plus des 600 actuels, selon la direction.

«Immense gâchis»

«On est satisfait (de la décision du tribunal), a déclaré Me Laurent Jourdan, l’avocat de Gad. «On ne peut que déplorer la fermeture de sites auquel le groupe est contraint, néanmoins, 1.000 emplois bretons sont préservés, et c’était l’objectif», a-t-il ajouté.

En revanche, Pierre-Luc Lamy (FO) en poste à Saint-Nazaire mais présent à Rennes, a qualifié la décision de «beau gâchis». «On a cassé un outil qui marchait très bien avec Gad. La Cecab est rentrée dedans et ils cassent deux sites et laissent 900 personnes à la rue», a-t-il dit avant d’exprimer son «dégoût et un peu de mépris pour ces gens».

De son côté, Me Philippe Brun, un des avocats du CCE, a déclaré: «C’est une grande déception. Je comprends le tribunal, entre deux maux, il faut choisir le moindre. Mais c’est un gâchis immense. Gad était une entreprise familiale prospère et, en six ans, la Cecab a tué Gad».

«Là, c’est le plan de la dernière chance. Prions pour que ces emplois (préservés) ne disparaissent pas à terme», a-t-il conclu.

En présentant son plan, Gad s’était prévalu du soutien de son actionnaire principal, le groupe coopératif breton Cecab, qui a notamment affirmé devant le tribunal avoir «les moyens de soutenir financièrement le plan de continuation».

Gad a aussi le soutien des créanciers, des banques et des pouvoirs publics et celui de la coopérative porcine Prestor, son actionnaire minoritaire, quant à l’approvisionnement en porcs.

Déficitaire depuis 2008, le groupe Gad a accusé 20 millions d’euros de pertes en 2012, en raison notamment d’une baisse de la production porcine française dans un contexte de forte concurrence internationale.

L’abattoir de Lampaul-Guimiliau a ainsi connu une baisse d’activité de l’ordre de 10% en 2012 et celui de Josselin un recul de 4,45%, selon les chiffres du SNIV/SNCP qui regroupe les entreprises françaises de la viande.

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